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Sixième voyage pour Zetwal – Haïti – Novembre-Décembre 2017

Un voyage sous le signe des Gede. Je suis arrivé à Noailles spécialement pour le mois de Novembre et la fête des morts. En Haïti, dans la tradition du Vaudou, on célèbre les défunts mais aussi les Gede. Les Lwa liés à la mort.

 

Chaque année, Jean-Eddy Rémy offre à cette occasion une grande fête artistico-vaudou dans sa cour. Des artistes viennent décorer les lieux et les préparer pour une belle soirée qui se tient toujours un samedi et qui attire des visiteurs de partout, que ce soit d’autres provinces d’Haïti ou des étrangers.

 

Cette année la décoration consistait essentiellement en des œuvres de Maksaens Denis, Asoto et Killy. La célébration vaudou a été assurée par deux Ougans puis la fête a commencé, notamment avec la troupe de danse de Sylla venue de Port-au-Prince, une bande à pieds et un orchestre de percussions. La cour était pleine à craquer et l’ambiance était au rendez-vous ! Une fois les visiteurs extérieurs partis, Jean-Eddy s’est lancé dans un duel de danse spectaculaire avec l’artiste de Noailles Incroyable qui mérite bien ce surnom ne serait-ce que pour son hallucinante souplesse. Les pieds croisés derrière la tête, il dansait sur les mains ! Cette année cependant, les Lwas ont attendu l’aube pour se montrer et très rares sont ceux qui les ont vus !

 

Quelques jours après, j’ai été invité à une autre cérémonie Gede, cette fois 100% vaudou, chez un autre artiste de Noailles. Ces cérémonies sont traditionnellement l’occasion d’inviter amis et voisins et de leur offrir le tchaka. Un plat traditionnel cuisiné spécialement. Tout le monde ne participe pas au rituel qui est associé à cette soirée et j’ai eu la chance d’y assister, à l’intérieur de la maison et à l’abri des regards… C’était incroyable et je ne vous en dirai donc pas plus. Il faut le voir pour le croire…

 

Pour continuer dans la découverte du Vaudou, nous sommes allés nous baigner à Saut d’Eau. C’est une cascade sacrée dans le département du Centre, où la Vierge (ou Erzulie) serait apparue en 1948. Depuis, de nombreuses guérisons ont été associées à ce lieu et à son eau. Un pèlerinage rassemblant des milliers de personnes commémore cette apparition chaque mois de juillet. Pour l’occasion, les fidèles se dévêtent dans l’eau sacrée, venue de la Montagne Terrible, afin de se purifier puis ils abandonnent leurs vêtements, souvent en souhaitant quelque chose comme avoir un enfant. L’endroit est particulièrement agréable et entretenu. L’eau vous tombe dessus avec une force et une fraicheur vivifiantes quand vous vous baignez au pied de la cascade.

 

Je suis ensuite parti pour les mornes (les montagnes) et plus particulièrement la Forêt-des-Pins, parc naturel où habite la famille de Josué, le jeune artiste invité cet été (voir actualité précédente). C’est l’un des derniers endroits boisés d’Haïti, il y pousse une espèce de pin endémique de l’île d’Hispaniola qui subit malheureusement la déforestation de plein fouet car son bois riche en résine est utilisé pour démarrer les feux de charbon de bois. Nous étions donc à plus de 1700 mètres d’altitude, dans un climat très différent de la chaleur de la plaine. Les soirées étaient très fraiches et le temps très humide. La route, où plutôt la piste pour y parvenir était vraiment chaotique, à flanc de montagne, surplombant parfois plus de 200 ou 300 mètres de ravin. J’ai rarement été si inquiet sur un trajet… Les paysages étaient cependant magnifiques : rivières à l’eau cristalline, montagnes, cascades… Le long de la ravine qui sert de piste une bonne partie de la route lorsqu’elle est assechée, on voyait quelque fois un étonnant spectacle dû à l’érosion : des tombes, autrefois loin du lit de la rivière, étaient coupées en deux ou avaient basculé, attendant la prochaine pluie pour être complètement emportées.

 

Ce fut ensuite un grand plaisir de vivre ces quelques jours avec les parents de Josué qui m’ont très chaleureusement accueilli. Leur vie s’articule autour de leurs champs et de leurs bêtes. Le transport des hommes et des marchandises se fait d’ailleurs ici essentiellement à dos d’âne ou de cheval. Le paysage est très montagneux et les habitations se situent généralement sur des sommets. Elles sont composées de quelques constructions entourées de plantations vivrières qui cachent généralement ces constructions. Bananiers, avocatiers, pêchers, pommiers et autres lianes de christophine abritent une vie courageuse tournée vers la nature. Le père de Josué a beaucoup travaillé pour acheter des terres qui lui permettent d’avoir aujourd’hui une belle production et d’employer quelques ouvriers. Lui-même travaille d’arrache-pied et prend grand soin de ses animaux, notamment de sa jument qui avait un poulain depuis quelques mois quand je suis arrivé. Pour lui, hors de question que ces chevaux finissement dans une assiette quand ils seront trop vieux pour travailler. Il les laissera vivre paisiblement leur retraite et les enterrera dignement après leur mort naturelle. Il critique vivement ceux qui osent descendre leurs vieux chevaux à la ville pour les faire abattre et tirer quelques sous de leur viande quand ils sont devenus trop fragiles pour le travail. « Autrefois, personne n’aurait fait ça ! ». Quant au travail quotidien, il se fait toujours sur le principe des konbit aux moments les plus importants (semailles, récoltes…). Ce travail communautaire voit se réunir tous les voisins pour plus d’efficacité. Un jour chez toi, un jour chez moi. Les plantations sont essentiellement des pommes de terre, patates douces, carottes, choux, du manioc, des petits-pois et un peu de maïs. Un plein sac s’achète ici pour une bouchée de pain alors que ces denrées valent cher dans les villes.

 

Dans la forêt poussent toutes sortes de végétaux aux odeurs parfois enivrantes et dont les fleurs attirent les colibris. On trouve aussi un met dont je raffole particulièrement et qui est courant dans les bois autour de chez moi : la girolle ! Je ne m’attendais pas du tout à trouver ce champignon en Haïti. Cette nature est malheureusement menacée par la déforestation qui continue malgré le classement en parc naturel. Les gardes forestiers sont trop peu nombreux et la population mal sensibilisée pour endiguer le phénomène.

 

Sur les montagnes, on trouve à proximité de chaque habitation un petit cimetière familial. Il y a un bourg appelé lui-même Forêt-des-Pins où l’on peut se ravitailler en ce que la nature ne fournit pas. Le cimetière est un peu plus important à cet endroit et accueille bien-sûr les tombes de Baron Samedi et Grande Brigitte, les deux premiers défunts enterrés là et devenus Lwa. Non loin, un trou peu profond héberge Makan Ganyen, un esprit puissant. Lorsque la pluie tombe, ce trou fait disparaitre tout ce qui vient à tomber dedans. Animal, homme, tout ce qui entre dans l’eau boueuse disparait à jamais, aspiré dans les entrailles de la Terre ! A quelques kilomètres, un trou plus profond, genre de petite grotte appelée Twou Tè ou Twou Lejèn, est le reposoir de l’esprit le plus important de la forêt. C’est à lui en premier que vont s’adresser les vaudouisants qui entreprennent quelque chose aux alentours. Les protestants s’en méfient comme du diable et ne se risqueraient même pas à regarder dedans en passant devant. Quelle déception quand j’y suis descendu et que j’ai vu qu’il ne faisait pas plus de dix mètres alors que des protestants m’affirmaient qu’il s’enfonçait si profond qu’on ne pouvait en voir le bout ! Ils étaient stupéfaits de la vérité à mon retour et effrayés de savoir que je m’étais aventuré dans ce lieu mystique. Les vaudouisants ont quant à eux bien rigolé avec moi. Il n’en reste pas moins que cet endroit est extrêmement important pour eux, comme en témoignent les offrandes déposées au fond.

 

J’ai quitté les lieux après quelques jours très agréables en promettant de revenir, ce que je ferai. Nous avons beaucoup de projets avec Josué, sa famille et l’un de ses amis.

 

De retour à Noailles, j’ai multiplié les visites d’ateliers pour réapprovisionner mon stock et découvrir les nouveautés. J’ai également visité d’autres lieux sympathiques comme le collectif Atiz Rezistans de la Grand-Rue, à Port-au-Prince. C’est un endroit très intéressant où l’art nait de la récupération en tous genres. Les pneus sculptés côtoient la ferraille, le bois et même de nombreux ossements humains… Chaque soir, la musique et la bière font monter la température.

 

Le S.K.N. continue à développer ses activités. Les enfants sont venus à de nombreuses reprises répéter des chants de Noël, le cinéma fonctionne maintenant tous les soirs, ainsi que le bar et une boutique de produits de première nécessité ouverte tard dans la nuit. Les ressources se diversifient donc autant que les projets et toute l’équipe en fait un lieu de vie vraiment très agréable. J’ai rencontré tous les enfants qui ont été parrainés cet été grâce aux expositions dans le Velay et qui sont très heureux de pouvoir aller à l’école. Le centre a servi pendant plusieurs semaines de lieu d’accueil pour un concours de chant qui recevait chaque samedi des dizaines de spectateurs venus voter pour leur candidat préféré.

 

Le village a aussi reçu une délégation de parlementaires de l’Union Européenne et de pays signataires de l’accord Afrique Caraïbes Pacifique. La visite leur a fait forte impression et a été jugée bien trop courte par nombre d’entre eux.

 

Les derniers jours ont été assez calmes, à flâner dans les rues de Noailles mais le dernier soir a comme à chaque voyage été une belle soirée ! J’ai invité tous ceux avec qui j’ai travaillé, mes amis, et beaucoup d’enfants du village qui ne manqueraient pas ça. La fête s’est terminée bien tard, autour d’un bœuf musical pour lequel nous avions sorti tout ce qui pouvait faire office d’instrument de musique (barils de tôle bien entendu, baguettes de bois, objets métalliques, maracas…) afin d’accompagner des chants vaudou, populaires ou pures inventions de nos esprits…

 

 

Vèvè tracés à la farine de maïs et au marc de café

Prière vaudou pour commencer la soirée

Gede Nibo, le Lwa fossoyeur, en pleine forme. Oeuvre d’Asoto.

Les visiteurs devant un spectacle de danse

Le public devant le spectacle de la troupe de danse de Sylla. Contre le mur, Grande Brigitte, de Asoto.

Le public se met à danser

Bouteille d’eau en main, Asoto, l’artiste spécialiste du papier mâché qui a réalisé Gede Nibo et Grande Brigitte

Les batteurs font résonner les rythmes des Lwa dans la soirée

« Ne leur raconte pas tout… »

Seau d’Eau, lieu sacré où serait apparue la Vierge. De nombreuses guérisons sont attribuées à cette eau venue de la Montagne Terrible! Chaque mois de juillet, cette cascade et la ville dont elle dépend font l’objet d’un très important pèlerinage.

En route pour la Forêt des Pins. La piste passe par moment par cette ravine quand elle est à sec. De nombreuses sources jaillissent au pied de ces falaises érodées.

Autrefois éloignée du bord de la ravine, cette tombe sera emportée lors d’une prochaine crue. L’érosion est un véritable fléau en Haïti. La déforestation a laissé à nu 98% du territoire et n’est pas encore endiguée car les arbres servent à fabriquer le charbon de bois, unique combustible utilisé pour la cuisine chez l’essentiel de la population.

Alors que nous remontons la ravine, les mornes (les montagnes) se rapprochent. Haïti est composée à 60% de montagnes qui ont été à la base de la stratégie de guérilla des esclaves révoltés pendant la Révolution.

Eneld Charles, l’artiste invité l’été dernier, avec ses parents, sur leur habitation

Souvenir de nos expositions dans le Velay. Nous partageons un saucisson maison offert par deux de nos hôtes de Saint-Julien-Chapteuil. La charcuterie auvergnate a trouvé un adepte en la personne d’Eneld! Merci Anne-Marie et Antoine!

« Pas de crédit… Surtout pour toi! »

Vèvè de Marasa, Dosou, Dosa

Expositions estivales 2017

La crypte de l’Eglise Saint-Robert à Saint-Julien-Chapteuil, qui accueillait les œuvres de Jean-Eddy Rémy

L’étage de la Galerie 1787 à Saint-Didier-sur-Doulon

Jean-Eddy Rémy en pleine démonstration pendant le marché de Saint-Julien-Chapteuil

La Maison des Oiseaux et de la Nature du Haut-Allier à Lavoute Chilhac

L’auberge de l’Espace Nature Sabatoux à Montusclat

Eglise Saint-Jean-Baptiste au Monastier-sur-Gazeille.

L’été 2017 a été relativement chargé avec 9 expositions dont 7 simultanées dans le Velay, à Saint-Julien-Chapteuil, au Monastier-sur-Gazeille, à Montusclat, à Tence et à Lantriac.

La saison a commencé en mai par une exposition dans la Galerie 1787, anciennement Annexe 1787 de l’Auberge du Doulon, qui est devenue la propriété de Zetwal en avril. Cette exposition présentait comme chaque année le travail des artistes et artisans de Noailles mais a aussi accueilli les œuvres d’artistes de Haute-Loire :

  • Cécile Auréjac, céramique
  • Sarah Barthélémy-Sibi, gravure
  • Esther Farrache, bijouterie
  • Franck Raynauld, verre
  • Eddy Saint-Martin, peinture

Un grand merci à eux !

 

Les œuvres de Noailles ont ensuite été présentées à la Maison des Oiseaux et de la Nature du Haut-Allier, à Lavoute-Chilhac, du 8 juillet au 31 août.

Merci à Rémy Desecures pour son magnifique accueil !

 

L’événement majeur a été la venue de deux artistes de Noailles pour les 7 expositions dans le Velay. Jean-Eddy Rémy, maintenant habitué des expositions avec Zetwal, était invité par l’AGORA, l’association culturelle de Saint-Julien-Chapteuil et accompagné d’Eneld Charles, dit Josué, qui faisait quant à lui sa première exposition hors de l’île d’Hispaniola ! Il était invité par Zetwal notamment grâce à un financement participatif lancé sur la plateforme Microcultures. Un grand merci à tous les contributeurs !

La concrétisation de ce projet a été extrêmement compliquée d’abord pour des raisons administratives. Le visa de Josué lui a été délivré avec 2 jours de retard qui nous ont obligés à retarder l’arrivée des deux artistes. Quand  Josué a finalement récupéré son visa à l’Ambassade de France, il a été percuté par un camion alors qu’il était à moto sur le chemin du retour avec un bénévole du S.K.N. Josué s’en est relativement bien tiré malgré de grosses plaies sur les bras et les jambes. Le bénévole du S.K.N. a lui été bien plus grièvement blessé et a failli y laisser sa vie. Il a heureusement survécu après une bien mauvaise période. L’accident a par ailleurs fait deux morts. Josué a pu voyager tout de même et a été soigné par tous nos hôtes. Il a pu présenter ses œuvres dans chacun des lieux d’expositions mais l’espace qui lui était spécialement réservé était la salle d’exposition de l’Office de Tourisme de Saint-Julien-Chapteuil. Jean-Eddy Rémy présentait quant à lui son travail à la crypte de l’Eglise de cette même ville. Les autres espaces présentaient des œuvres de plusieurs dizaines d’artistes et artisans de Noailles, sélectionnées par Zetwal.

Josué et Jean-Eddy ont fait plusieurs démonstrations de leur technique, notamment au Monastier-sur-Gazeille où cela a suscité un incroyable entrain. Les spectateurs faisaient la queue sur plusieurs mètres pour acheter des œuvres ! D’autres démonstrations ont été faites aux V.V.F. de Saint-Julien-Chapteuil et Tence, ainsi que sur le marché de Saint-Julien-Chapteuil et à Lavoute-Chilhac, devant la Maison des Oiseaux et de la Nature, ou encore sur la place de Saint-Didier-sur-Doulon.

Ce projet de 7 expositions a été lancé et rondement mené par Michèle Gat, de l’AGORA. Mille mercis à elle ainsi qu’à toute l’équipe de l’AGORA (Patrick Lostys,  Alain Vincent et tous les autres) et à celle de l’E.C.E. du Monastier-sur-Gazeille qui a géré l’accueil des artistes pendant la première semaine. Merci aussi à la Municipalité de Saint-Julien-Chapteuil et notamment au Maire, M. André Ferret, ainsi qu’à sa femme Chantal, également de l’AGORA, qui nous ont accueillis à bras ouverts.

Merci à tout le personnel et à la direction des V.V.F. de Tence et Saint-Julien-Chapteuil  et de la Gare de Lantriac.

Un grand merci également à Gérard Bernstein, de l’Auberge Espace Nature Sabatoux, qui en plus d’exposer des œuvres, nous a régalés de sa cuisine au feu de bois, dans la cheminée de l’établissement.

Le voyage des nos amis leur a permis de découvrir la beauté du patrimoine et des paysages auvergnats et  s’est terminé par quelques jours à Paris avec une promenade au pied de la Tour Eiffel la veille du départ !

Nos expositions ont par ailleurs fait l’objet d’un court mais beau reportage sur France 3 Auvergne, à voir ici :

https://france3-regions.francetvinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/haute-loire/puy-velay/haute-loire-deux-artistes-haitiens-perpetuent-art-tole-decoupee-1303887.html

 

Cette saison a donc été très positive pour Zetwal, Jean-Eddy Rémy et Eneld Charles qui a fait la fierté de ses parents que j’ai rencontrés lors de mon voyage suivant en novembre-décembre. Mais ça, c’est une autre histoire !

Cinquième voyage à Noailles – Octobre 2016

Ce cinquième voyage effectué pour Zetwal en Haïti (septième avec les missions humanitaires) a été essentiellement tourné vers la construction de ce site internet. Après deux ans d’expositions, foires et autres marchés artisanaux, j’ai eu l’argent suffisant à la réalisation de ce projet important. Il aura fallu tout ce temps car je m’autofinance à 100%. Mais nous y voilà, avec l’appui de Julien Barbat pour la réalisation technique et de Mathieu Grelle pour le graphisme.
J’ai bien entendu également renouvelé mon stock pour les expositions et événements à venir, avec quelques découvertes fort sympathiques…
Une nouvelle gamme de produits importants vient compléter l’offre de Zetwal : les drapeaux vaudous de Jean-Baptiste JEAN-JOSEPH. Ces broderies, nécessitant pour certaines des mois de travail à plusieurs, mélangent paillettes, perles et sequins cousus un à un sur un châssis de toile pour aboutir à un dessin incroyable.

Le cyclone Matthew
Ce séjour s’inscrivait dans un contexte particulier en ce qui concerne Haïti : le passage du cyclone Matthew. Je suis arrivé sur place trois jours après son passage. Les dégâts ont été catastrophiques dans le Sud-ouest d’Haïti notamment, avec des centaines de morts et des centaines de millions d’euros de dégâts mais Noailles a été complètement épargnée.
Vous avez été nombreux à me demander des nouvelles des habitants, inquiétude dont je leur ai fait part et qui les a beaucoup touchés. Malheureusement les Haïtiens n’étaient pas préparés à cette catastrophe et les autorités ont fait part d’un certain laxisme dans sa prévention. Cuba qui a été touchée aussi violemment qu’Haïti n’a eu aucune perte humaine.
J’ai donc animé au S.K.N. un atelier de prévention cyclone comme j’avais pu suivre lors de mes formations. Quelques dizaines d’habitants du village sont venus, avec beaucoup de questions et de critiques justement vis-à-vis de leurs gouvernants. Ils évoquaient notamment le fait que la radio et la télévision nationales n’avaient pas suffisamment informé la population sur l’ampleur du cyclone qui approchait dans les jours qui l’ont précédé. Espérons qu’en cas de nouvel ouragan, cet atelier et les leçons tirées de cette catastrophe permettront un bilan bien moins grave.

Aide internationale
Il est aussi important de préciser que cette catastrophe, comme les autres en Haïti auparavant, a été suivie d’une forte mobilisation internationale. Si beaucoup d’ONG ont eu une approche neutre et efficace, il faut souligner que cet événement a encore été suivi d’un débarquement de personnes loin d’être aussi désintéressées appartenant par exemple à des sectes évangélistes américaines. Ce genre « d’aide » est accompagnée d’un prosélytisme insupportable remettant en cause le Vaudou en lui imputant la responsabilité de tous les problèmes d’Haïti ou presque.

S.K.N.
Pour ce qui est du partenariat avec le S.K.N., une partie de l’argent apporté par Zetwal a notamment permis la construction d’une fosse septique pour un local en construction. Des vêtements pour bébés ont aussi été distribués suite à un généreux don. Par ailleurs, il y a à présent trois enfants parrainés pour l’école primaire et un jeune qui vient d’entrer à l’Université grâce à Zetwal, au S.K.N. et à ceux en France qui ont voulu soutenir ces enfants en prenant en charge leur scolarité. Un grand merci aussi à ceux qui ont repéré ces enfants et se sont occupés de toutes les démarches et achats sur place.

La petite fête de départ
Comme à chacun de mes séjours, j’ai organisé la veille de mon départ une fête à laquelle étaient invités les artistes et artisans avec lesquels j’ai travaillé lors de ce voyage. Comme toujours, de nombreux enfants et voisins nous ont rejoints pour participer aux festivités. L’ambiance était comme toujours au rendez-vous. Un grand merci à ceux qui m’ont aidé pour la logistique.

Et Noailles avance toujours
Comme souvent, Haïti n’a donc fait les gros titres de l’actualité récente que lorsque ces titres étaient tristes… Il est important de souligner que ce pays a un gros potentiel malgré tous ces problèmes. Noailles en est un exemple des plus probants. Le village a continué à se développer depuis un an. Il est de plus en plus beau et beaucoup de ses habitants se battent pour lui.

Drapeau Vaudou-Jean-Baptiste Jean-Joseph-Village-Noailles-Haïti-Zetwal

Drapeau Vaudou de Jean-Baptiste Jean-Joseph

Voitures réalisées par les enfants du village de Noailles à Haïti

Des voitures réalisées par des enfants de Noailles à base de bouteilles plastiques, avec des essieux en bâtons de sucettes, roues en bouchons (directionnelles à l’avant !), phares en diodes alimentées par des batteries de téléphone. Excellente créativité suivie des courses dans les rues du village !

Exposition à Saint-Didier-sur-Doulon – 19 juillet au 4 septembre 2016

Exposition Zetwal à Saint-Didier-sur-Doulon de juillet à septembre 2016
Depuis sa création en 2014, Zetwal propose chaque été une exposition au Bourg de Saint-Didier-sur-Doulon. Les deux dernières éditions ont été un franc succès!

 

Une fois encore les visiteurs ont été agréablement surpris de trouver une exposition d’art haïtien dans un endroit aussi reculé. Le succès a encore été plus important que celui de la dernière édition et le monde étant petit, certains visiteurs étaient assez étonnants pour moi aussi, notamment la femme d’un ancien Ambassadeur de France en Haïti, passionnée d’art Haïtien et qui ne s’attendait vraiment pas à en trouver ici. Nous avons pu discuter un bon moment sur les changements en Haïti ces dernières décennies. Très intéressant!

 

Par ailleurs, de plus en plus d’habitants de la commune viennent voir ces expositions et passent également de bons moments en découvrant la culture haïtienne si méconnue ici.

 

Cette exposition s’est d’ailleurs terminée par un apéritif organisé par Zetwal et l’Auberge du Doulon devant la galerie d’exposition, sur la place du village, en présence de plusieurs élus de la commune et du département, de voisins et de touristes ravis qui ont tous passé un bon moment. La commune a d’ailleurs cet été connu plusieurs événements culturels nouveaux qui ont séduits ses habitants et les estivants, notamment des concerts dans l’église du village très appréciée pour sa sonorité.

 

Je suis d’ailleurs fier de contribuer à la dynamisation de cet endroit que j’aime tellement et qui a malheureusement souffert de l’exode rural.

 

Sur l’affiche, une oeuvre de José Delpé (1976-2014). Delpé a notamment représenté Haïti aux Jeux de la Francophonie au Niger en 2005. Son style si particulier faisait de lui un artiste unique au sein des sculpteurs de Noailles.

 

Au détour d’une balade estivale dans nos belles forêts, venez donc déguster la délicieuse cuisine de l’Auberge du Doulon puis admirer les œuvres étonnantes des artistes et artisans de Noailles!

Exposition Les Martres de Veyres – 28 mai au 12 juin 2016

Exposition Recyclart aux Martes-de-Veyres de mai à juin 2016

Recycl’art

Zetwal aux Martres-de-Veyre (puy-de-dôme)

Les œuvres de plusieurs artistes de Noailles seront exposées du 28 mai au 12 juin à la Maison du Patrimoine des Martres-de-Veyre (63730) dans le cadre de la Semaine Européenne du Développement Durable.

Jean-Eddy Rémy, Président de l’Association des Artistes et Artisans de la Croix-des-Bouquets et fondateur du Sant Kominotè Nway sera présent et animera notamment une conférence le 3 juin à 20h30 sur la technique du fer découpé et ses enjeux pour le village de Noailles.

Venez nombreux et faites passer !

Exposition à la Maison de Marsannay – Mars 2016

Invité d’honneur de la Caisse de Crédit Mutuel de Gevrey Chambertin –  25 mars 2016

Cette année, la Caisse de Crédit Mutuel de Gevrey Chambertin  a décidé de mettre à l’honneur les jeunes entrepreneurs et particulièrement ceux qui travaillent de manière solidaire.

A cette occasion, Zetwal a été invitée à exposer des œuvres de Noailles pour décorer la salle, à Marsannay-la-Côte. Le Directeur, M. de Oliveira, a présenté l’entreprise devant quelques centaines de clients et sociétaires dont certains ont été particulièrement touchés et ont proposé des projets d’exposition pour Zetwal.

Quelques œuvres ont été exposées au Crédit Mutuel pendant les deux semaines qui ont précédé cet événement.

Un grand merci au Crédit Mutuel de Gevrey Chambertin.

Quatrième voyage à Noailles – Octobre, novembre 2015

Jacques Eugène, Mathias Cazin, Colby (mon associé!), Claudy Juste et Dieubel Milfort

Jacques Eugène, Mathias Cazin, Colby (mon associé!), Claudy Juste et Dieubel Milfort

Richardson Erisma (un bon guide de Noailles), Dorval Lidanès (dont les arbres en tôle font fureur auprès des clients de Zetwal), Jacques Eugène (fournisseur et ami depuis mon premier voyage. Ses masques sont très originaux) et Dieubel Milfort (le chanceux)

Richardson Erisma (un bon guide de Noailles), Dorval Lidanès (dont les arbres en tôle font fureur auprès des clients de Zetwal), Jacques Eugène (fournisseur et ami depuis mon premier voyage. Ses masques sont très originaux) et Dieubel Milfort (le chanceux)

Un nouveau voyage d’approvisionnement à Noailles. Comme toujours j’ai fait de nouvelles découvertes et intégré de nouveaux artisans au panel proposé par Zetwal. J’ai particulièrement aimé des assiettes magnifiques fabriquées par Dieubel Milfort, un jeune artisan dynamique travaillant dans l’atelier de Jacques Eugène. Pour la petite histoire, je lui avais acheté des choses qui n’avaient rien à voir au départ. Il a donné une partie de l’argent à sa copine qui a acheté quelques produits pour les revendre sur le marché. Elle a doublé son investissement en deux jours, chose assez rare pour un petit business en Haïti. Quant à Dieubel, il a joué quelques sous (quelques gourdes plutôt… la monnaie haïtienne) à la loterie nationale. Il a gagné la même somme que ce que je lui avais donné ! Il est donc venu me voir un matin avec deux de ces magnifiques assiettes en me disant « cadeau ! Tu m’as porté chance ! ». Je vais lui commander plusieurs autres assiettes. Nul doute qu’elles me porteront chance aussi !

Comme chaque fois, le voyage s’est terminé par une fête avec tous mes partenaires. Malheureusement cette fois, j’ai reçu en plein milieu des festivités des messages alarmants de mes amis. Des bombes explosaient à Paris et des terroristes tiraient dans tous les sens… Presque complètement déconnecté d’internet, j’ai eu un mal fou à savoir ce qui se passait exactement. Dans un paradoxe surréaliste, le groupe de musique qui était là a improvisé un chant sur les attentats pour me réconforter… Des paroles très tristes sur une musique enjouée…

Un troubadour haitien à la guitare

Un troubadour (on appelle comme cela certains groupes de musique en Haïti) à la guitare.

Tisanpwel au tambour

Tisanpwel au tambour.

Une photo de groupe avant la fin de la soirée

Une photo de groupe avant la fin de la soirée.

Exposition au C.R.O.U.S de Dijon – Octobre 2015

Exposition Zetwal au CROUS de Dijon- octobre 2015

Zetwal a été invitée par le C.R.O.U.S. de Dijon à proposer une exposition dans le hall du Restaurant Universitaire Montmuzard. Le vernissage a eu lieu en présence de Jean-Eddy Rémy et de nombreux invités : élus, universitaires, journalistes, étudiants… Les étudiants de l’Université ont par ailleurs pu admirer cette exposition pendant trois jours.

Exposition à Saint-Didier-sur-Doulon – Août 2015

Exposition Zetwal à Saint-Didier-sur-Doulon en août 2015

L’année dernière ayant été une étonnante réussite, j’ai renouvelé l’expérience sur la place du village, toujours grâce à Christian et Tyna de l’Auberge du Doulon. Le succès a été encore plus important que l’année dernière avec plus de visites et plus de ventes. Les visiteurs déjà venus l’an dernier ont pu découvrir de nouveaux artistes et artisans et surtout de nouveaux styles. Beaucoup de clients de l’Auberge du Doulon ont eu le plaisir de découvrir l’exposition de nuit, après un bon dîner. Ces visites nocturnes ont été aussi agréables pour moi que pour eux avec cette ambiance spéciale. Nous nous sommes souvent assis au premier étage pour discuter de Noailles, d’Haïti ou des voyages que nous avions pu faire un peu partout.

Exposition à la Maison de Mandrin, Brioude (Haute-Loire) – Juin 2015

Je suis passé en 2014 à la Maison de Mandrin  avec des photos des œuvres des artistes de Noailles pour voir si nous pouvions envisager une exposition ensemble. A la vue de ces clichés, les responsables de la Mairie ont immédiatement accepté !

L’exposition a donc eu lieu en juin 2015, dans cette incroyable galerie d’exposition appartenant à la Mairie de Brioude et qui tire son nom du passage du fameux brigand Louis Mandrin au XVIIIe siècle. J’ai invité pour l’occasion Jean-Eddy Rémy pour le remercier de son aide pour la création de Zetwal et pour son accueil à Noailles.

Lors du vernissage, nous avons animé ensemble une conférence sur Haïti et l’art particulier des boss-métal de Noailles puis Jean-Eddy Rémy a fait une démonstration devant un public captivé.

Cette exposition a été un formidable succès, salué par la Mairie qui nous dit que c’était sans doute la plus belle réussite de la Maison de Mandrin tant en termes de visites que de ventes.

Après le décrochage, Jean-Eddy Rémy a pu apprécier la beauté des paysages et du patrimoine de la Haute-Loire. Il s’agit là d’ailleurs de l’un des objectifs de Zetwal : permettre aux artistes et artisans travaillant avec moi de découvrir d’autres pays, ou pour ceux comme Jean-Eddy Rémy habitués aux grandes villes comme Paris ou New-York pour leurs expositions, les campagnes plus reculées qu’on peut trouver en France et qui ont une vie tellement différente des villes.

Démonstration de Jean-Eddy Rémy lors du vernissage de l'exposition à la Maison de Mandrin
Démonstration de Jean-Eddy Rémy lors du vernissage de l’exposition à la Maison de Mandrin
Bizango. Jean-Eddy Rémy. Maison de Mandrin, Brioude (Haute-Loire). Juin 2015
Bizango. Jean-Eddy Rémy. Maison de Mandrin, Brioude (Haute-Loire). Juin 2015
Bizango. Jean-Eddy Rémy. Maison de Mandrin, Brioude (Haute-Loire). Juin 2015
Bizango. Jean-Eddy Rémy. Maison de Mandrin, Brioude (Haute-Loire). Juin 2015

La conception d’une œuvre de A à Z par un Boss-Métal de Noailles

Au cours de son séjour, Jean-Eddy Rémy a eu un support un peu particulier pour travailler : un baril utilisé par les Tambours du Bronx pour leur concert à Brioude en 2013. Après avoir servi musicalement, ce fût a terminé sa carrière artistique sculpté par un grand artiste !

Sorcières en Foire – 6 et 7 juin 2015

Affiche Sorcières en Foire 2015

Zetwal a reçu un fantastique accueil de la part de toute l’équipe organisatrice de « Sorcières en Foire ». L’événement a eu lieu le week-end des 6 et 7 juin 2015 à Mâlain, en Côte d’Or. Absolument fantastique visuellement, les sorcières, chevaliers et autres créatures des bois ont pu admirer l’art de la tôle découpée du village artistique de Noailles en présence de l’artiste Jean-Eddy REMY.

Un grand merci et félicitations aux organisateurs et bénévoles pour ce très bon moment !

Jean-Eddy Rémy et les Vikings de Sorcières en Foire
Jean-Eddy Rémy et les Vikings de Sorcières en Foire

Troisième voyage à Noailles – Mars 2015

A l’occasion de ce troisième voyage à Noailles pour Haïti, j’ai eu la chance d’assister au Carnaval de Port-au-Prince célèbre pour ses chars gigantesques aux haut-parleurs hurlant chaque année les nouveaux tubes des groupes et chanteurs populaires Haïtiens.

De taille bien moindre mais tout aussi important pour moi, le carnaval des enfants du Sant Kominotè Nway a cette année encore pu compter sur le soutien du chanteur Bélo. Un groupe de jeunes danseuses a animé la cour du S.K.N. devant des enfants ravis. Leur chorégraphie, créée et mise en scène par la bénévole Sofia LOUIJENE a enflammé l’après-midi.

Le matin a quant à lui été marqué par la présence d’un groupe vaudou étonnant.

De nouvelles découvertes vont permettre de proposer des expositions magnifiques pour les mois à venir.

Carnaval des Enfants au S.K.N.
Carnaval des Enfants au S.K.N.
Jean-Eddy REMY et des enfants du village au Carnaval des Enfants du S.K.N.
Jean-Eddy REMY et des enfants du village au Carnaval des Enfants du S.K.N.
Dans quelques minutes il fera nuit, tous les enfants rentreront chez eux ravis de la journée!
Dans quelques minutes il fera nuit, tous les enfants rentreront chez eux ravis de la journée!

Deuxième voyage à Noailles – Octobre 2014

Séance de sensibilisation aux droits des jeunes filles - SKN - octobre 2014 - Noailles - Haïti

Séance de sensibilisation aux droits des jeunes filles – S.K.N. – octobre 2014 – Noailles – Haïti

Me voilà de retour à Noailles, officiellement en tant qu’entrepreneur! Zetwal est enregistrée. Il faut maintenant acheter un stock et passer aux choses sérieuses. Cette fois, c’est une grosse quantité d’œuvres que j’achète avec comme prochain objectif des marchés de Noël notamment.

L’accueil ici est toujours aussi chaleureux. J’ai pu assister à des activités du S.K.N., notamment une séance de sensibilisation aux droits des jeunes filles. Un sujet très sérieux abordé avec talent par de jeunes bénévoles devant des dizaines de filles du village, suivi d’une séance corde à sauter des plus athlétiques !

Le village continue à se développer. La cour de Jean-Eddy REMY, tout comme les lieux accueillant le plus de public bénéficie d’un aménagement sympathique avec un pavage notamment.

La corde à sauter est sans doute l'un des jeux préférés des petites filles en Haïti. Elles font de véritables duels, rivalisant de technique et de rapidité. Ici, détente après la séance de sensibilisation aux droits des jeunes filles.
La corde à sauter est sans doute l’un des jeux préférés des petites filles en Haïti. Elles font de véritables duels, rivalisant de technique et de rapidité. Ici, détente après la séance de sensibilisation aux droits des jeunes filles.
Pavage de la cour de Jean-Eddy REMY - octobre 2014 - Noailles - Haïti

Pavage de la cour de Jean-Eddy REMY – octobre 2014 – Noailles – Haïti

Pavage de la cour de Jean-Eddy REMY. En fond, le S.K.N. - octobre 2014 - Noailles - Haïti

Pavage de la cour de Jean-Eddy REMY. En fond, le S.K.N. – octobre 2014 – Noailles – Haïti

Le premier enfant parrainé grâce au partenariat S.K.N. - Zetwal fait sa rentrée dans une école du village.

Le premier enfant parrainé grâce au partenariat S.K.N. – Zetwal fait sa rentrée dans une école du village.

Parrainage

Le premier enfant parrainé grâce au partenariat S.K.N. – Zetwal a fait sa rentrée scolaire. Nul doute que sa motivation en fasse un excellent élève !

Beaucoup d’enfants ici ne sont pas scolarisés. L’éducation est sensée être obligatoire en Haïti mais elle est payante, y compris dans le public. De nombreux enfants en sont donc privés. N’hésitez pas à me demander des informations si un parrainage vous intéresse. Il revient à environ 150 euros par ans et est assuré par le S.K.N. Zetwal ne fait que mettre en contact les intéressés et passer les messages entre les enfants et leurs parrains.

Premier voyage à Noailles pour Zetwal et première exposition à Saint-Didier-sur-Doulon – Juin 2014

Animation d'un atelier de prévention-gestion des catastrophes naturelles au S.K.N. - Haiti 2014

Animation d’un atelier de prévention-gestion des catastrophes naturelles au S.K.N.

La fête de la musique improvisée au dernier moment chez Jean-Eddy REMY à Noailles. Une superbe soirée avec Chantal LAURENT et Laurent CICERON- Haiti 2014

La fête de la musique improvisée au dernier moment chez Jean-Eddy REMY à Noailles. Une superbe soirée avec Chantal LAURENT et Laurent CICERON- Haiti 2014

Un séjour en pleine Coupe du Monde de football. En Haïti, on ne dit pas "fan" de foot, on dit carrément "fanatique"! Et ce n'est pas pour rien... Quand le Brésil ou l'Argentine joue, ce calme n'existe plus. - Haiti 2014

Un séjour en pleine Coupe du Monde de football. En Haïti, on ne dit pas « fan » de foot, on dit carrément « fanatique »! Et ce n’est pas pour rien… Quand le Brésil ou l’Argentine joue, ce calme n’existe plus.

Des enfants de Noailles au S.K.N. - Haiti 2014

Des enfants de Noailles au S.K.N. – Haiti 2014

Après une longue réflexion sur mon projet de création d’entreprise, je suis enfin parti à Noailles ! C’était la troisième fois que je venais en Haïti après mon Service Civique en 2010, suite au séisme du 12 janvier qui avait fait environ 300 000 morts, et à une autre mission humanitaire en 2011, cette fois avec Solidarités International en tant que Responsable Terrain Déblaiement.

En 2010, j’étais parti avec dix autres jeunes au sein de la toute première mission du Service Civique pour un projet de renforcement de quelques écoles nationales dans la commune de la Croix-des-Bouquets. Bien que très motivant au départ, ce projet était en fait mal monté et nous nous sommes rapidement sentis inutiles et dotés de moyens tellement limités que ça en devenait déprimant au sens propre du terme.

Malgré des réticences, j’ai accepté de retourner en Haïti avec Solidarités International un peu moins d’un an après mon retour. J’avais posé ma candidature auprès d’eux en précisant bien que je préférais ne pas retourner dans ce pays qui ne m’avait pas laissé un très bon souvenir. Cette candidature a été acceptée mais sans affectation pendant deux semaines… Finalement le téléphone a sonné : « nous avons un poste pour vous en… Haïti… ». J’ai hésité à refuser mais ils ont insisté parce qu’il leur fallait quelqu’un parlant créole haïtien pour un projet au contact direct de la population dans un bidonville. Je m’envolai donc de nouveau pour Port-au-Prince, me demandant si je ne faisais pas une énorme erreur…

Finalement cette mission a été tout le contraire de la première. Je n’ai vraiment pas eu le temps de m’ennuyer et j’ai pu vraiment rencontrer les Haïtiens. C’était bien là ce qui pêchait la première fois. Nous étions en Haïti, mais tellement peu libres de nos mouvements que nous n’apprenions rien du pays et nous sentions inutiles dans un contexte où il y avait pourtant tant à faire. Tout avait changé. J’aimais Haïti !

C’est donc après une longue réflexion que j’ai décidé de lancer Zetwal et de retourner à Noailles en 2014. Mon projet semblait parfait sur le papier. Restait à le tester avant de le mettre vraiment en œuvre. J’ai alors appelé Jean-Eddy REMY que je n’avais pas vu depuis bien longtemps pour lui expliquer ce que je voulais faire et voir où je pouvais loger sur place. Son accueil a été incroyable. Alors que nous nous connaissions à peine, il m’a proposé de m’héberger pour ce séjour. Je suis donc arrivé en juin, en pleine épidémie de Chikungunya… Une épidémie incroyable dont on parlait à peine en France. Les 500 contaminés martiniquais faisaient presque la une des journaux alors qu’en Haïti la quasi-totalité de la population l’avait attrapé. Je n’ai pas fait exception…

C’est donc une fois remis de cette fièvre que j’ai vraiment découvert la culture haïtienne. A Noailles, je pouvais me promener partout à n’importe quelle heure du jour et de la nuit sans aucun problème, chose qui m’était interdite en humanitaire. J’ai pu rencontrer des artistes et artisans, les autres habitants du village, les bénévoles du S.K.N., découvrir le Vaudou… Bref, un séjour incroyable ! Tous m’ont accueilli à bras ouverts et étaient vraiment surpris de voir un étranger rester aussi longtemps (un mois) dans le village, logeant sur place et se plongeant complètement dans la vie locale.

J’ai donc acheté une belle quantité d’œuvres en vue de finaliser mon étude de marché une fois de retour en France avec une exposition ou une foire. Sauf que pour mon retour, je n’avais absolument rien prévu à cet effet… C’est dans mon petit village d’Auvergne, Saint-Didier-sur-Doulon, que les choses se sont étonnamment précipitées. Christian et Tyna, les aubergistes du village, ont adoré les œuvres en tôle et m’ont proposé de faire une exposition dans une toute petite maison qui leur appartenait sur la place du village. Dubitatif au vu de notre isolement géographique mais après tout reconnaissant de leur offre, j’installai donc tout cela pour une exposition en août, espérant profiter du tourisme.

En moins d’un mois, presque toutes les œuvres étaient vendues, avec seulement 200 visiteurs environ ! Mon billet d’avion et mes achats étaient remboursés et je dégageai même un bénéfice. Si le succès était tel à Saint-Didier-sur-Doulon, je partais du principe qu’il serait au rendez-vous partout. Et la suite me l’a confirmé…

J’ai donc rapidement finalisé les démarches administratives. Le 30 septembre 2014, Zetwal était enregistrée à la Chambre de Commerce et d’Industrie. Il fallait alors retourner à Noailles pour constituer un véritable stock et envisager la suite…

Mathias Cazin

Le S.K.N. et l'entrée de la cour de Jean-Eddy REMY en juin 2014 - Haiti

Le S.K.N. et l’entrée de la cour de Jean-Eddy REMY en juin 2014 – Haiti

Affiche exposition Boss-Metal à Saint-Didier-sur-Doulon en aout 2014

Affiche exposition Boss-Metal à Saint-Didier-sur-Doulon en aout 2014

Première exposition de Zetwal à Saint-Didier-sur-Doulon. Sur ce mur, des vèvè, dessins rituels représentant les Lwa : des esprits du Vaudou

Première exposition de Zetwal à Saint-Didier-sur-Doulon. Sur ce mur, des vèvè, dessins rituels représentant les Lwa : des esprits du Vaudou.