Zetwal, Auteur à ZETWAL

Le Vaudou Haïtien

A l’origine, « Vaudou » vient du mot « Vodoun » qui veut dire « dieu » en Yoruba.

Plus qu’une religion, le Vaudou est en Haïti une culture touchant à plusieurs aspects de la vie quotidienne (organisation sociale, médecine, justice…). Si tout le monde n’est pas vaudouisant, ceux qui se présentent comme non croyants dans ces mystères s’en méfient généralement. Ils ne croient pas aux esprits mais…

Le Vaudou Haïtien est né du mélange de différents Vaudou africains, d’autres religions animistes, parfois locales avec les indiens natifs d’Haïti (aujourd’hui disparus mais qui ont été à l’époque en contact avec les nèg maron – les esclaves en fuite – et qui ont donné son nom au pays, appelé Saint-Domingue sous la période coloniale, repris par Dessalines lors de l’indépendance) et du Christianisme pendant la période esclavagiste. Bien que les esclaves ne fussent pas considérés comme des hommes, le Code Noir imposait aux maîtres de les baptiser et de respecter certaines obligations religieuses comme la messe et le repos le dimanche. Tout esclave pris en train de pratiquer « la religion africaine » s’exposait au pire. Les rites étaient interdits mais souvent pratiqués en secrets ou de manière subtile. C’est là qu’intervient le syncrétisme qui donne au Vaudou Haïtien sa particularité.

Pour continuer à vénérer les esprits, les esclaves les ont assimilés aux Saints dont ils recevaient des images à accrocher dans leurs cases. Legba par exemple, le gardien des portes et du passage entre le monde visible (le notre) et le monde invisible (celui des esprits), a été assimilé à Saint-Pierre, celui-ci étant représenté avec la clé du Paradis… Mais ce Lwa vient du Vaudou Dahoméen (actuel Bénin d’où venaient beaucoup d’esclaves) dans lequel il est l’interprète des Dieux, sans lequel les hommes et les esprits ne pourraient communiquer. Ce subterfuge permettait donc aux esclaves de vénérer les esprits même en présence d’un maître ou d’un religieux, sans prendre de risque. Cette tradition a perduré et a pris une tournure particulière puisque aujourd’hui encore, dans les temples vaudou, les esprits sont dessinés sur les murs sous leur représentation chrétienne, alors qu’on tracera au sol, pendant les cérémonies, leurs vèvè (dessins rituels). Par ailleurs, la dimension religieuse du Vaudou ne met pas en opposition le culte fait à un Dieu unique et celui fait aux esprits. Le Vaudou Haïtien considère en effet qu’il n’y a qu’un Dieu et que les esprits sont pour lui des sortes de lieutenants responsables chacun de certaines choses. Le vaudouisant ne voit donc aucun problème à aller à l’Eglise catholique le dimanche, à recevoir les sacrements, tout en utilisant le Vaudou pour vénérer les esprits. Un prêtre vaudou (Hougan pour un homme, Mambo pour une femme) ne s’oppose nullement à ce mélange. L’inverse n’est pas vrai.

L’Eglise catholique a longtemps essayé de mettre un terme au Vaudou en le qualifiant de vénération du Diable. Même après la période coloniale, les prêtres ont essayé de mettre un terme au Vaudou, notamment avec la « campagne de la renonce », dans les années 1940, lorsque l’Etat avait proclamé le catholicisme religion d’Etat et forçait les vaudouisants à se convertir par la force si nécessaire. Cette époque a vu disparaitre des trésors de la culture Haïtienne avec la destruction d’objets de cultes d’une valeur symbolique et historique considérable. Des curés allaient partout, accompagnés de policiers pour convertir et détruire.

Le Vaudou a cependant survécu et reste aujourd’hui pratiqué, au milieu d’un grand nombre d’autres religions, parfois sectaires, apportées par les évangélistes Américains notamment.

Il perdure avec ses différents cultes, issus des origines africaines. On vénère donc différemment les esprits selon leurs origines. Ils peuvent être nés en Afrique, mais aussi en Haïti. Ces derniers sont les fruits de l’évolution d’une culture aussi fascinante que le créole (qui veut dire « créé  sur une île »), une langue née du mélange de mots, de conjugaisons et de grammaires africaines, françaises, espagnoles et anglaises, créée par les esclaves pour se comprendre malgré leurs différentes origines et pour ne pas être compris des blancs. Cette langue va donc de pair avec le Vaudou de par leurs constructions respectives. Les initiés utilisent toutefois toujours des litanies en « langage » (langues africaines) parfois étrange car modifié avec le temps et l’oubli et dont il est aujourd’hui parfois difficile de trouver les origines.

Dans la vie de tous les jours, le Vaudou permet de structurer une société. Les prêtres sont respectés de leur communauté et ont un rôle de médiateur si nécessaire. Ils peuvent être initiés aux secrets des plantes et sont alors des doktè fèy (docteurs feuilles). Ils sont aussi des intermédiaires auprès des esprits, notamment les plus importants qui sont les Lwa. Toutefois, ces esprits peuvent se passer de ces prêtres. Ils peuvent « descendre » sur une personne pour parler au travers de son corps sans que cette personne ne soit initiée. Lorsqu’un esprit descend sur quelqu’un, on dit qu’il le « chevauche ». C’est le phénomène de la transe. L’individu n’est plus maître de son corps dont l’esprit a pris le contrôle. Au départ de celui-ci, il ne se souviendra de rien. L’esprit va alors pouvoir s’adresser à son entourage. Un initié peut par contre appeler volontairement un esprit à le chevaucher.

Chaque Lwa est associé à une couleur, des rythmes au tambour, des offrandes… Il y a des Lwa pour les éléments (eau, air, terre, feu), pour les différents métiers, pour la paix, la guerre, l’amour, les récoltes, la chance, la santé… Par exemple, le Lwa protecteur des travailleurs du métal, comme les forgerons ou les boss-métal de Noailles, est Ogou Feray, un esprit associé au feu et au fer, guerrier et sensible à l’injustice. Pour le rencontrer, je vous invite à visiter la mystérieuse Haïti…

Mathias Cazin

 

Pour plus d’informations, je recommande les livres d’Alfred Métraux (1902-1963), ethnologue Suisse qui a étudié le Vaudou Haïtien dans les années 1950 et qui l’explique de manière très professionnelle, sans à priori. Il y a aussi les livres de Laënnec Hurbon (né en 1940), sociologue, docteur en théologie, professeur à l’Université de Quisqueya en Haïti et Directeur de recherche au CNRS.
Erzulie Dantor - Jacques Eugène - Tôle découpée - Noailles - Haïti - Zetwal
Erzulie Dantor par Jacques Eugène
Le Lwa Erzulie Dantor est assimilée à la Vierge noire de Częstochowa (en Pologne). L’utilisation de cette icône daterait probablement de son arrivée avec les soldats Polonais mobilisés dans l’armée napoléonienne pour reprendre Saint-Domingue au moment de la Révolution. Ces soldats, révoltés par les massacres et se sentant plus proches des noirs que des troupes françaises, ont massivement déserté et ont pour cela été épargnés par Dessalines lorsqu’il a décrété l’extermination de presque tous les blancs. Ils ont obtenus la nationalité haïtienne lors de l’indépendance et se sont notamment installés dans le village de Casale ou vivent toujours leurs descendants.
La Vierge Noire de Częstochowa
La Vierge noire de Częstochowa qui aurait été peinte par Saint Luc. Son teint sombre serait dû à la suie déposée par la combustion des milliers de bougies des fidèles.

Les Vèvè

Vèvè d'Agwe Daroyo et Gede Nibo - Wintorks Cinéas

Vèvè d’Agwe Daroyo et Gede Nibo – Wintorks Cinéas

Vèvè de Baron Samedi en cours de découpe

Vèvè de Baron Samedi en cours de découpe.

Les vèvè sont des dessins symboliques, représentant les Lwa, généralement tracés au sol lors des cérémonies et rituels. Ce tracé se fait avec de la poudre (farine, poudre de brique, cendre…) qu’on laisse glisser doucement entre le pouce et l’index. Souvent tracés autour du potomitan (qui veut dire « poteaux du milieu » car c’est une poutre verticale au milieu du temple Vaudou, soutenant la toiture, fichée dans le sol, par où les esprits arrivent), ils sont consacrés par des offrandes destinées aux Lwa qu’ils représentent.

Leur tracé sert à attirer les esprits nommément et revêt des formes très différentes. Certains vèvè peuvent représenter une créature, comme le serpent pour Dambala Wedo, mais d’autres sont des formes symboliques comme le cœur pour les différentes Erzulie, ou encore des formes géométriques mêlées d’entrelacs pour Kalfou par exemple voire des lettres intégrées à d’autres motifs comme c’est le cas pour Erzulie Milokan dont on trouve le M au milieu du cœur typique de la famille des Erzulie. On pourra aussi trouver des inspirations d’autres religions comme la croix pour Baron Samedi ou Gede Nibo.  Certains sont très simples, d’autres sont d’une incroyable complexité que peu maîtrisent.

Si leur origine remonte au Vaudou dahoméen, ils ont été modifiés ou pour certains créés en Haïti. Quelques-uns s’inspireraient des motifs des indiens Taïnos, ancien habitants de l’île, exterminés par les colons mais qui ont été en contact avec les nèg maron (les esclaves en fuites réfugiés dans les montagnes où se sont aussi cachés les survivants Taïnos). D’autres reprendraient des motifs de la ferronnerie d’art française qu’on trouvait notamment sur les balcons des plantations.

Il existe donc des centaines de vèvè et la connaissance précise de leur tracé est un grand savoir dans le Vaudou. Il est fréquent de rencontrer des prêtres qui n’en connaissent que quelques-uns.

Ces motifs sont souvent utilisés dans l’art de la tôle découpée des Boss-métal de Noailles.

Vèvè de Kalfou

Vèvè de Kalfou

Vèvè d'Erzulie Milokan en cours de découpe

Vèvè d’Erzulie Milokan en cours de découpe.

Cinquième voyage à Noailles – Octobre 2016

Ce cinquième voyage effectué pour Zetwal en Haïti (septième avec les missions humanitaires) a été essentiellement tourné vers la construction de ce site internet. Après deux ans d’expositions, foires et autres marchés artisanaux, j’ai eu l’argent suffisant à la réalisation de ce projet important. Il aura fallu tout ce temps car je m’autofinance à 100%. Mais nous y voilà, avec l’appui de Julien Barbat pour la réalisation technique et de Mathieu Grelle pour le graphisme.
J’ai bien entendu également renouvelé mon stock pour les expositions et événements à venir, avec quelques découvertes fort sympathiques…
Une nouvelle gamme de produits importants vient compléter l’offre de Zetwal : les drapeaux vaudous de Jean-Baptiste JEAN-JOSEPH. Ces broderies, nécessitant pour certaines des mois de travail à plusieurs, mélangent paillettes, perles et sequins cousus un à un sur un châssis de toile pour aboutir à un dessin incroyable.

Le cyclone Matthew
Ce séjour s’inscrivait dans un contexte particulier en ce qui concerne Haïti : le passage du cyclone Matthew. Je suis arrivé sur place trois jours après son passage. Les dégâts ont été catastrophiques dans le Sud-ouest d’Haïti notamment, avec des centaines de morts et des centaines de millions d’euros de dégâts mais Noailles a été complètement épargnée.
Vous avez été nombreux à me demander des nouvelles des habitants, inquiétude dont je leur ai fait part et qui les a beaucoup touchés. Malheureusement les Haïtiens n’étaient pas préparés à cette catastrophe et les autorités ont fait part d’un certain laxisme dans sa prévention. Cuba qui a été touchée aussi violemment qu’Haïti n’a eu aucune perte humaine.
J’ai donc animé au S.K.N. un atelier de prévention cyclone comme j’avais pu suivre lors de mes formations. Quelques dizaines d’habitants du village sont venus, avec beaucoup de questions et de critiques justement vis-à-vis de leurs gouvernants. Ils évoquaient notamment le fait que la radio et la télévision nationales n’avaient pas suffisamment informé la population sur l’ampleur du cyclone qui approchait dans les jours qui l’ont précédé. Espérons qu’en cas de nouvel ouragan, cet atelier et les leçons tirées de cette catastrophe permettront un bilan bien moins grave.

Aide internationale
Il est aussi important de préciser que cette catastrophe, comme les autres en Haïti auparavant, a été suivie d’une forte mobilisation internationale. Si beaucoup d’ONG ont eu une approche neutre et efficace, il faut souligner que cet événement a encore été suivi d’un débarquement de personnes loin d’être aussi désintéressées appartenant par exemple à des sectes évangélistes américaines. Ce genre « d’aide » est accompagnée d’un prosélytisme insupportable remettant en cause le Vaudou en lui imputant la responsabilité de tous les problèmes d’Haïti ou presque.

S.K.N.
Pour ce qui est du partenariat avec le S.K.N., une partie de l’argent apporté par Zetwal a notamment permis la construction d’une fosse septique pour un local en construction. Des vêtements pour bébés ont aussi été distribués suite à un généreux don. Par ailleurs, il y a à présent trois enfants parrainés pour l’école primaire et un jeune qui vient d’entrer à l’Université grâce à Zetwal, au S.K.N. et à ceux en France qui ont voulu soutenir ces enfants en prenant en charge leur scolarité. Un grand merci aussi à ceux qui ont repéré ces enfants et se sont occupés de toutes les démarches et achats sur place.

La petite fête de départ
Comme à chacun de mes séjours, j’ai organisé la veille de mon départ une fête à laquelle étaient invités les artistes et artisans avec lesquels j’ai travaillé lors de ce voyage. Comme toujours, de nombreux enfants et voisins nous ont rejoints pour participer aux festivités. L’ambiance était comme toujours au rendez-vous. Un grand merci à ceux qui m’ont aidé pour la logistique.

Et Noailles avance toujours
Comme souvent, Haïti n’a donc fait les gros titres de l’actualité récente que lorsque ces titres étaient tristes… Il est important de souligner que ce pays a un gros potentiel malgré tous ces problèmes. Noailles en est un exemple des plus probants. Le village a continué à se développer depuis un an. Il est de plus en plus beau et beaucoup de ses habitants se battent pour lui.

Drapeau Vaudou-Jean-Baptiste Jean-Joseph-Village-Noailles-Haïti-Zetwal

Drapeau Vaudou de Jean-Baptiste Jean-Joseph

Voitures réalisées par les enfants du village de Noailles à Haïti

Des voitures réalisées par des enfants de Noailles à base de bouteilles plastiques, avec des essieux en bâtons de sucettes, roues en bouchons (directionnelles à l’avant !), phares en diodes alimentées par des batteries de téléphone. Excellente créativité suivie des courses dans les rues du village !

Exposition à Saint-Didier-sur-Doulon – 19 juillet au 4 septembre 2016

Exposition Zetwal à Saint-Didier-sur-Doulon de juillet à septembre 2016
Depuis sa création en 2014, Zetwal propose chaque été une exposition au Bourg de Saint-Didier-sur-Doulon. Les deux dernières éditions ont été un franc succès!

 

Une fois encore les visiteurs ont été agréablement surpris de trouver une exposition d’art haïtien dans un endroit aussi reculé. Le succès a encore été plus important que celui de la dernière édition et le monde étant petit, certains visiteurs étaient assez étonnants pour moi aussi, notamment la femme d’un ancien Ambassadeur de France en Haïti, passionnée d’art Haïtien et qui ne s’attendait vraiment pas à en trouver ici. Nous avons pu discuter un bon moment sur les changements en Haïti ces dernières décennies. Très intéressant!

 

Par ailleurs, de plus en plus d’habitants de la commune viennent voir ces expositions et passent également de bons moments en découvrant la culture haïtienne si méconnue ici.

 

Cette exposition s’est d’ailleurs terminée par un apéritif organisé par Zetwal et l’Auberge du Doulon devant la galerie d’exposition, sur la place du village, en présence de plusieurs élus de la commune et du département, de voisins et de touristes ravis qui ont tous passé un bon moment. La commune a d’ailleurs cet été connu plusieurs événements culturels nouveaux qui ont séduits ses habitants et les estivants, notamment des concerts dans l’église du village très appréciée pour sa sonorité.

 

Je suis d’ailleurs fier de contribuer à la dynamisation de cet endroit que j’aime tellement et qui a malheureusement souffert de l’exode rural.

 

Sur l’affiche, une oeuvre de José Delpé (1976-2014). Delpé a notamment représenté Haïti aux Jeux de la Francophonie au Niger en 2005. Son style si particulier faisait de lui un artiste unique au sein des sculpteurs de Noailles.

 

Au détour d’une balade estivale dans nos belles forêts, venez donc déguster la délicieuse cuisine de l’Auberge du Doulon puis admirer les œuvres étonnantes des artistes et artisans de Noailles!

Exposition Les Martres de Veyres – 28 mai au 12 juin 2016

Exposition Recyclart aux Martes-de-Veyres de mai à juin 2016

Recycl’art

Zetwal aux Martres-de-Veyre (puy-de-dôme)

Les œuvres de plusieurs artistes de Noailles seront exposées du 28 mai au 12 juin à la Maison du Patrimoine des Martres-de-Veyre (63730) dans le cadre de la Semaine Européenne du Développement Durable.

Jean-Eddy Rémy, Président de l’Association des Artistes et Artisans de la Croix-des-Bouquets et fondateur du Sant Kominotè Nway sera présent et animera notamment une conférence le 3 juin à 20h30 sur la technique du fer découpé et ses enjeux pour le village de Noailles.

Venez nombreux et faites passer !

Exposition à la Maison de Marsannay – Mars 2016

Invité d’honneur de la Caisse de Crédit Mutuel de Gevrey Chambertin –  25 mars 2016

Cette année, la Caisse de Crédit Mutuel de Gevrey Chambertin  a décidé de mettre à l’honneur les jeunes entrepreneurs et particulièrement ceux qui travaillent de manière solidaire.

A cette occasion, Zetwal a été invitée à exposer des œuvres de Noailles pour décorer la salle, à Marsannay-la-Côte. Le Directeur, M. de Oliveira, a présenté l’entreprise devant quelques centaines de clients et sociétaires dont certains ont été particulièrement touchés et ont proposé des projets d’exposition pour Zetwal.

Quelques œuvres ont été exposées au Crédit Mutuel pendant les deux semaines qui ont précédé cet événement.

Un grand merci au Crédit Mutuel de Gevrey Chambertin.

Quatrième voyage à Noailles – Octobre, novembre 2015

Jacques Eugène, Mathias Cazin, Colby (mon associé!), Claudy Juste et Dieubel Milfort

Jacques Eugène, Mathias Cazin, Colby (mon associé!), Claudy Juste et Dieubel Milfort

Richardson Erisma (un bon guide de Noailles), Dorval Lidanès (dont les arbres en tôle font fureur auprès des clients de Zetwal), Jacques Eugène (fournisseur et ami depuis mon premier voyage. Ses masques sont très originaux) et Dieubel Milfort (le chanceux)

Richardson Erisma (un bon guide de Noailles), Dorval Lidanès (dont les arbres en tôle font fureur auprès des clients de Zetwal), Jacques Eugène (fournisseur et ami depuis mon premier voyage. Ses masques sont très originaux) et Dieubel Milfort (le chanceux)

Un nouveau voyage d’approvisionnement à Noailles. Comme toujours j’ai fait de nouvelles découvertes et intégré de nouveaux artisans au panel proposé par Zetwal. J’ai particulièrement aimé des assiettes magnifiques fabriquées par Dieubel Milfort, un jeune artisan dynamique travaillant dans l’atelier de Jacques Eugène. Pour la petite histoire, je lui avais acheté des choses qui n’avaient rien à voir au départ. Il a donné une partie de l’argent à sa copine qui a acheté quelques produits pour les revendre sur le marché. Elle a doublé son investissement en deux jours, chose assez rare pour un petit business en Haïti. Quant à Dieubel, il a joué quelques sous (quelques gourdes plutôt… la monnaie haïtienne) à la loterie nationale. Il a gagné la même somme que ce que je lui avais donné ! Il est donc venu me voir un matin avec deux de ces magnifiques assiettes en me disant « cadeau ! Tu m’as porté chance ! ». Je vais lui commander plusieurs autres assiettes. Nul doute qu’elles me porteront chance aussi !

Comme chaque fois, le voyage s’est terminé par une fête avec tous mes partenaires. Malheureusement cette fois, j’ai reçu en plein milieu des festivités des messages alarmants de mes amis. Des bombes explosaient à Paris et des terroristes tiraient dans tous les sens… Presque complètement déconnecté d’internet, j’ai eu un mal fou à savoir ce qui se passait exactement. Dans un paradoxe surréaliste, le groupe de musique qui était là a improvisé un chant sur les attentats pour me réconforter… Des paroles très tristes sur une musique enjouée…

Un troubadour haitien à la guitare

Un troubadour (on appelle comme cela certains groupes de musique en Haïti) à la guitare.

Tisanpwel au tambour

Tisanpwel au tambour.

Une photo de groupe avant la fin de la soirée

Une photo de groupe avant la fin de la soirée.

Exposition au C.R.O.U.S de Dijon – Octobre 2015

Exposition Zetwal au CROUS de Dijon- octobre 2015

Zetwal a été invitée par le C.R.O.U.S. de Dijon à proposer une exposition dans le hall du Restaurant Universitaire Montmuzard. Le vernissage a eu lieu en présence de Jean-Eddy Rémy et de nombreux invités : élus, universitaires, journalistes, étudiants… Les étudiants de l’Université ont par ailleurs pu admirer cette exposition pendant trois jours.

Exposition à Saint-Didier-sur-Doulon – Août 2015

Exposition Zetwal à Saint-Didier-sur-Doulon en août 2015

L’année dernière ayant été une étonnante réussite, j’ai renouvelé l’expérience sur la place du village, toujours grâce à Christian et Tyna de l’Auberge du Doulon. Le succès a été encore plus important que l’année dernière avec plus de visites et plus de ventes. Les visiteurs déjà venus l’an dernier ont pu découvrir de nouveaux artistes et artisans et surtout de nouveaux styles. Beaucoup de clients de l’Auberge du Doulon ont eu le plaisir de découvrir l’exposition de nuit, après un bon dîner. Ces visites nocturnes ont été aussi agréables pour moi que pour eux avec cette ambiance spéciale. Nous nous sommes souvent assis au premier étage pour discuter de Noailles, d’Haïti ou des voyages que nous avions pu faire un peu partout.

Exposition à la Maison de Mandrin, Brioude (Haute-Loire) – Juin 2015

Je suis passé en 2014 à la Maison de Mandrin  avec des photos des œuvres des artistes de Noailles pour voir si nous pouvions envisager une exposition ensemble. A la vue de ces clichés, les responsables de la Mairie ont immédiatement accepté !

L’exposition a donc eu lieu en juin 2015, dans cette incroyable galerie d’exposition appartenant à la Mairie de Brioude et qui tire son nom du passage du fameux brigand Louis Mandrin au XVIIIe siècle. J’ai invité pour l’occasion Jean-Eddy Rémy pour le remercier de son aide pour la création de Zetwal et pour son accueil à Noailles.

Lors du vernissage, nous avons animé ensemble une conférence sur Haïti et l’art particulier des boss-métal de Noailles puis Jean-Eddy Rémy a fait une démonstration devant un public captivé.

Cette exposition a été un formidable succès, salué par la Mairie qui nous dit que c’était sans doute la plus belle réussite de la Maison de Mandrin tant en termes de visites que de ventes.

Après le décrochage, Jean-Eddy Rémy a pu apprécier la beauté des paysages et du patrimoine de la Haute-Loire. Il s’agit là d’ailleurs de l’un des objectifs de Zetwal : permettre aux artistes et artisans travaillant avec moi de découvrir d’autres pays, ou pour ceux comme Jean-Eddy Rémy habitués aux grandes villes comme Paris ou New-York pour leurs expositions, les campagnes plus reculées qu’on peut trouver en France et qui ont une vie tellement différente des villes.

Démonstration de Jean-Eddy Rémy lors du vernissage de l'exposition à la Maison de Mandrin
Démonstration de Jean-Eddy Rémy lors du vernissage de l’exposition à la Maison de Mandrin
Bizango. Jean-Eddy Rémy. Maison de Mandrin, Brioude (Haute-Loire). Juin 2015
Bizango. Jean-Eddy Rémy. Maison de Mandrin, Brioude (Haute-Loire). Juin 2015
Bizango. Jean-Eddy Rémy. Maison de Mandrin, Brioude (Haute-Loire). Juin 2015
Bizango. Jean-Eddy Rémy. Maison de Mandrin, Brioude (Haute-Loire). Juin 2015

La conception d’une œuvre de A à Z par un Boss-Métal de Noailles

Au cours de son séjour, Jean-Eddy Rémy a eu un support un peu particulier pour travailler : un baril utilisé par les Tambours du Bronx pour leur concert à Brioude en 2013. Après avoir servi musicalement, ce fût a terminé sa carrière artistique sculpté par un grand artiste !

Sorcières en Foire – 6 et 7 juin 2015

Affiche Sorcières en Foire 2015

Zetwal a reçu un fantastique accueil de la part de toute l’équipe organisatrice de « Sorcières en Foire ». L’événement a eu lieu le week-end des 6 et 7 juin 2015 à Mâlain, en Côte d’Or. Absolument fantastique visuellement, les sorcières, chevaliers et autres créatures des bois ont pu admirer l’art de la tôle découpée du village artistique de Noailles en présence de l’artiste Jean-Eddy REMY.

Un grand merci et félicitations aux organisateurs et bénévoles pour ce très bon moment !

Jean-Eddy Rémy et les Vikings de Sorcières en Foire
Jean-Eddy Rémy et les Vikings de Sorcières en Foire

Troisième voyage à Noailles – Mars 2015

A l’occasion de ce troisième voyage à Noailles pour Haïti, j’ai eu la chance d’assister au Carnaval de Port-au-Prince célèbre pour ses chars gigantesques aux haut-parleurs hurlant chaque année les nouveaux tubes des groupes et chanteurs populaires Haïtiens.

De taille bien moindre mais tout aussi important pour moi, le carnaval des enfants du Sant Kominotè Nway a cette année encore pu compter sur le soutien du chanteur Bélo. Un groupe de jeunes danseuses a animé la cour du S.K.N. devant des enfants ravis. Leur chorégraphie, créée et mise en scène par la bénévole Sofia LOUIJENE a enflammé l’après-midi.

Le matin a quant à lui été marqué par la présence d’un groupe vaudou étonnant.

De nouvelles découvertes vont permettre de proposer des expositions magnifiques pour les mois à venir.

Carnaval des Enfants au S.K.N.
Carnaval des Enfants au S.K.N.
Jean-Eddy REMY et des enfants du village au Carnaval des Enfants du S.K.N.
Jean-Eddy REMY et des enfants du village au Carnaval des Enfants du S.K.N.
Dans quelques minutes il fera nuit, tous les enfants rentreront chez eux ravis de la journée!
Dans quelques minutes il fera nuit, tous les enfants rentreront chez eux ravis de la journée!

Deuxième voyage à Noailles – Octobre 2014

Séance de sensibilisation aux droits des jeunes filles - SKN - octobre 2014 - Noailles - Haïti

Séance de sensibilisation aux droits des jeunes filles – S.K.N. – octobre 2014 – Noailles – Haïti

Me voilà de retour à Noailles, officiellement en tant qu’entrepreneur! Zetwal est enregistrée. Il faut maintenant acheter un stock et passer aux choses sérieuses. Cette fois, c’est une grosse quantité d’œuvres que j’achète avec comme prochain objectif des marchés de Noël notamment.

L’accueil ici est toujours aussi chaleureux. J’ai pu assister à des activités du S.K.N., notamment une séance de sensibilisation aux droits des jeunes filles. Un sujet très sérieux abordé avec talent par de jeunes bénévoles devant des dizaines de filles du village, suivi d’une séance corde à sauter des plus athlétiques !

Le village continue à se développer. La cour de Jean-Eddy REMY, tout comme les lieux accueillant le plus de public bénéficie d’un aménagement sympathique avec un pavage notamment.

La corde à sauter est sans doute l'un des jeux préférés des petites filles en Haïti. Elles font de véritables duels, rivalisant de technique et de rapidité. Ici, détente après la séance de sensibilisation aux droits des jeunes filles.
La corde à sauter est sans doute l’un des jeux préférés des petites filles en Haïti. Elles font de véritables duels, rivalisant de technique et de rapidité. Ici, détente après la séance de sensibilisation aux droits des jeunes filles.
Pavage de la cour de Jean-Eddy REMY - octobre 2014 - Noailles - Haïti

Pavage de la cour de Jean-Eddy REMY – octobre 2014 – Noailles – Haïti

Pavage de la cour de Jean-Eddy REMY. En fond, le S.K.N. - octobre 2014 - Noailles - Haïti

Pavage de la cour de Jean-Eddy REMY. En fond, le S.K.N. – octobre 2014 – Noailles – Haïti

Le premier enfant parrainé grâce au partenariat S.K.N. - Zetwal fait sa rentrée dans une école du village.

Le premier enfant parrainé grâce au partenariat S.K.N. – Zetwal fait sa rentrée dans une école du village.

Parrainage

Le premier enfant parrainé grâce au partenariat S.K.N. – Zetwal a fait sa rentrée scolaire. Nul doute que sa motivation en fasse un excellent élève !

Beaucoup d’enfants ici ne sont pas scolarisés. L’éducation est sensée être obligatoire en Haïti mais elle est payante, y compris dans le public. De nombreux enfants en sont donc privés. N’hésitez pas à me demander des informations si un parrainage vous intéresse. Il revient à environ 150 euros par ans et est assuré par le S.K.N. Zetwal ne fait que mettre en contact les intéressés et passer les messages entre les enfants et leurs parrains.

Premier voyage à Noailles pour Zetwal et première exposition à Saint-Didier-sur-Doulon – Juin 2014

Animation d'un atelier de prévention-gestion des catastrophes naturelles au S.K.N. - Haiti 2014

Animation d’un atelier de prévention-gestion des catastrophes naturelles au S.K.N.

La fête de la musique improvisée au dernier moment chez Jean-Eddy REMY à Noailles. Une superbe soirée avec Chantal LAURENT et Laurent CICERON- Haiti 2014

La fête de la musique improvisée au dernier moment chez Jean-Eddy REMY à Noailles. Une superbe soirée avec Chantal LAURENT et Laurent CICERON- Haiti 2014

Un séjour en pleine Coupe du Monde de football. En Haïti, on ne dit pas "fan" de foot, on dit carrément "fanatique"! Et ce n'est pas pour rien... Quand le Brésil ou l'Argentine joue, ce calme n'existe plus. - Haiti 2014

Un séjour en pleine Coupe du Monde de football. En Haïti, on ne dit pas « fan » de foot, on dit carrément « fanatique »! Et ce n’est pas pour rien… Quand le Brésil ou l’Argentine joue, ce calme n’existe plus.

Des enfants de Noailles au S.K.N. - Haiti 2014

Des enfants de Noailles au S.K.N. – Haiti 2014

Après une longue réflexion sur mon projet de création d’entreprise, je suis enfin parti à Noailles ! C’était la troisième fois que je venais en Haïti après mon Service Civique en 2010, suite au séisme du 12 janvier qui avait fait environ 300 000 morts, et à une autre mission humanitaire en 2011, cette fois avec Solidarités International en tant que Responsable Terrain Déblaiement.

En 2010, j’étais parti avec dix autres jeunes au sein de la toute première mission du Service Civique pour un projet de renforcement de quelques écoles nationales dans la commune de la Croix-des-Bouquets. Bien que très motivant au départ, ce projet était en fait mal monté et nous nous sommes rapidement sentis inutiles et dotés de moyens tellement limités que ça en devenait déprimant au sens propre du terme.

Malgré des réticences, j’ai accepté de retourner en Haïti avec Solidarités International un peu moins d’un an après mon retour. J’avais posé ma candidature auprès d’eux en précisant bien que je préférais ne pas retourner dans ce pays qui ne m’avait pas laissé un très bon souvenir. Cette candidature a été acceptée mais sans affectation pendant deux semaines… Finalement le téléphone a sonné : « nous avons un poste pour vous en… Haïti… ». J’ai hésité à refuser mais ils ont insisté parce qu’il leur fallait quelqu’un parlant créole haïtien pour un projet au contact direct de la population dans un bidonville. Je m’envolai donc de nouveau pour Port-au-Prince, me demandant si je ne faisais pas une énorme erreur…

Finalement cette mission a été tout le contraire de la première. Je n’ai vraiment pas eu le temps de m’ennuyer et j’ai pu vraiment rencontrer les Haïtiens. C’était bien là ce qui pêchait la première fois. Nous étions en Haïti, mais tellement peu libres de nos mouvements que nous n’apprenions rien du pays et nous sentions inutiles dans un contexte où il y avait pourtant tant à faire. Tout avait changé. J’aimais Haïti !

C’est donc après une longue réflexion que j’ai décidé de lancer Zetwal et de retourner à Noailles en 2014. Mon projet semblait parfait sur le papier. Restait à le tester avant de le mettre vraiment en œuvre. J’ai alors appelé Jean-Eddy REMY que je n’avais pas vu depuis bien longtemps pour lui expliquer ce que je voulais faire et voir où je pouvais loger sur place. Son accueil a été incroyable. Alors que nous nous connaissions à peine, il m’a proposé de m’héberger pour ce séjour. Je suis donc arrivé en juin, en pleine épidémie de Chikungunya… Une épidémie incroyable dont on parlait à peine en France. Les 500 contaminés martiniquais faisaient presque la une des journaux alors qu’en Haïti la quasi-totalité de la population l’avait attrapé. Je n’ai pas fait exception…

C’est donc une fois remis de cette fièvre que j’ai vraiment découvert la culture haïtienne. A Noailles, je pouvais me promener partout à n’importe quelle heure du jour et de la nuit sans aucun problème, chose qui m’était interdite en humanitaire. J’ai pu rencontrer des artistes et artisans, les autres habitants du village, les bénévoles du S.K.N., découvrir le Vaudou… Bref, un séjour incroyable ! Tous m’ont accueilli à bras ouverts et étaient vraiment surpris de voir un étranger rester aussi longtemps (un mois) dans le village, logeant sur place et se plongeant complètement dans la vie locale.

J’ai donc acheté une belle quantité d’œuvres en vue de finaliser mon étude de marché une fois de retour en France avec une exposition ou une foire. Sauf que pour mon retour, je n’avais absolument rien prévu à cet effet… C’est dans mon petit village d’Auvergne, Saint-Didier-sur-Doulon, que les choses se sont étonnamment précipitées. Christian et Tyna, les aubergistes du village, ont adoré les œuvres en tôle et m’ont proposé de faire une exposition dans une toute petite maison qui leur appartenait sur la place du village. Dubitatif au vu de notre isolement géographique mais après tout reconnaissant de leur offre, j’installai donc tout cela pour une exposition en août, espérant profiter du tourisme.

En moins d’un mois, presque toutes les œuvres étaient vendues, avec seulement 200 visiteurs environ ! Mon billet d’avion et mes achats étaient remboursés et je dégageai même un bénéfice. Si le succès était tel à Saint-Didier-sur-Doulon, je partais du principe qu’il serait au rendez-vous partout. Et la suite me l’a confirmé…

J’ai donc rapidement finalisé les démarches administratives. Le 30 septembre 2014, Zetwal était enregistrée à la Chambre de Commerce et d’Industrie. Il fallait alors retourner à Noailles pour constituer un véritable stock et envisager la suite…

Mathias Cazin

Le S.K.N. et l'entrée de la cour de Jean-Eddy REMY en juin 2014 - Haiti

Le S.K.N. et l’entrée de la cour de Jean-Eddy REMY en juin 2014 – Haiti

Affiche exposition Boss-Metal à Saint-Didier-sur-Doulon en aout 2014

Affiche exposition Boss-Metal à Saint-Didier-sur-Doulon en aout 2014

Première exposition de Zetwal à Saint-Didier-sur-Doulon. Sur ce mur, des vèvè, dessins rituels représentant les Lwa : des esprits du Vaudou

Première exposition de Zetwal à Saint-Didier-sur-Doulon. Sur ce mur, des vèvè, dessins rituels représentant les Lwa : des esprits du Vaudou.